Cliquez pour écouter la version audio (7 min.)

L’essentiel en bref : En comprenant mieux comment notre cerveau nous aide ou non dans les activités multitâches nous apprenons à mieux le ménager et à garder nos facultés cognitives. 

Il vous arrive certainement souvent de faire plusieurs tâches en même temps : préparer un repas, tout en consultant vos messages sur votre téléphone, tout en questionnant votre enfant, tout en réfléchissant au planning du lendemain…

Vous avez alors l’impression que de cette manière vous gagnez du temps. En réalité vous n’êtes probablement pas du tout aussi efficace que vous l’imaginez. Votre efficacité dépend de différents éléments tels que votre plaisir, votre motivation, votre fatigue… Mais nous nous focaliserons ici sur le travail que vous demandez à votre cerveau pour qu’il accorde toute l’attention nécessaire à ce que vous êtes en train de faire.

Première situation de multitâches

Si vous avez une vraie discussion avec votre enfant tout en lisant vos messages sur votre téléphone, vous demandez à votre cerveau de sauter sans cesse d’une activité à l’autre. Car il ne peut pas faire ces deux choses en même temps. 

Pourquoi ? Parce que ces deux activités sollicitent les mêmes ressources : celles de la communication et du langage. Vous êtes dans une attention alternée. Pour accorder son attention dans ces deux activités simultanément, votre cerveau va devoir s’engager dans la discussion, puis se désengager, switcher, puis s’engager dans la lecture de vos messages. Un travail intense et extrêmement rapide.

Résultat : Vous faites les deux choses à moitié. Vous vous rendez compte après coup que vous n’étiez pas vraiment en relation avec votre enfant et que vous avez oublié une partie du message téléphonique ou que vous avez oublié d’y répondre. Vous vous sentez fatigué.e, énervé.e, frustré.e.

Deuxième situation de multitâches

Un autre domaine du « multitasking » est celui de l’apprentissage. La plupart des élèves et des étudiant.es le pratiquent régulièrement, en écoutant un cours tout en consultant leur portable. Or cette pratique a malheureusement un impact dévastateur.

Pourquoi ? Tout comme dans l’exemple précédent, ils sont dans une attention alternée. Leur cerveau est dans un conflit cognitif car ils sont en train de faire plusieurs tâches qui sollicitent les mêmes ressources. Leur cerveau va devoir switcher sans arrêt entre l’écoute du cours, sa compréhension qui peut être très exigeante, la prise de notes tout en répondant à des messages. Si on tient compte du fait que les ressources cognitives sont limitées, on comprend bien la fatigue qui s’en suit. 

Résultat : L’attention au cours est relative, la prise de notes est lacunaire, la mémorisation est affaiblie et les performances cognitives lors d’un test par exemple ne seront pas optimales. Les résultats scolaires seront moins bons qu’ils pourraient l’être. Les personnes qui pratiquent le multitâches de manière intensive, quel que soit leur âge, vont s’habituer à ce genre de comportement et les études scientifiques ont montré qu’elles n’arrivent plus à se concentrer sur une seule tâche à la fois. A long terme, cela va détériorer leurs capacités cognitives. 

Troisième situation de multitâches

Par contre, si vous écoutez une conférence qui vous intéresse beaucoup tout en faisant une activité qui demande très peu de concentration comme votre repassage, aucun souci. Vous allez pouvoir faire ces deux activités en même temps de manière satisfaisante. 

Pourquoi ? Parce que ce sont des activités qui sollicitent des ressources différentes. On parle alors d’attention sélective. Vous mettez toute votre attention sur la conférence tout en faisant l’activité de repasser, car votre cerveau sait exactement ce qu’il faut faire pour repasser et que votre corps a automatisé les gestes. 

Résultat : Vous avez appris de nouvelles choses, il vous sera facile d’en parler avec vos ami.es et votre lessive est bien repassée. Vous vous sentez satisfait.e et détendu.e.

La meilleure solution ?

Si vous avez 2 ou 3 tâches exigeantes à faire qui sollicitent les mêmes ressources, la solution est simple : il vous faut les faire l’une après l’autre. Vous êtes alors dans l’attention soutenue. Pour cela, réservez un temps pour la rédaction de votre texte. Une fois le temps terminé, faites un temps d’arrêt, puis lisez vos messages, ou discutez avec votre enfant. 

Pourquoi ? Vous allégez considérablement le travail de votre cerveau. S’il s’agit d’une activité d’apprentissage, votre attention vous permet de bien mémoriser. S’il s’agit d’une rédaction (même une carte de vœux), votre texte est plus convaincant.

Résultat : Vous êtes beaucoup plus satisfait.e du résultat. Vous avez le sentiment d’avoir bien fait chaque tâche, d’avoir été totalement concentré.e et efficace. Vous avez gagné du bien-être. Vous avez aussi gagné du temps. De plus, en pratiquant régulièrement l’attention soutenue, vous augmentez votre pouvoir de concentration, vous améliorez vos compétences cognitives et vos résultats de manière générale.

En conclusion

Pour faire vite et simple je vous ai présenté trois types de situations pour bien éclairer les différences. La réalité est plus complexe mais je trouve important d’avoir conscience du leurre lorsqu’on valorise le « multitasking ». 

Pour développer vos connaissances, je vous recommande de vous tourner vers deux super neuroscientifiques que vous trouvez sur YouTube : Albert Moukheiber et Séverine Erhel

Et si vous avez l’impression que vous êtes obligé.e de faire du multitâches car les journées sont trop courtes, demandez-vous quelles sont les tâches que vous pouvez faire en même temps sans prétériter l’une ou l’autre. Vous y gagnerez sérénité et satisfaction.

Précédent article pouvant vous intéresser:
La Magie des Rendez-vous, article no 43 du 1.1.24

Vous avez aimé cet article ?

12

6 réponses sur “Le multitâches est un piège !”

  1. Merci Huguette, du soin que tu prends à ta réflexion et du partage que tu en fais…
    Pouvoir nommer dans quel type d’attention je fonctionne peut effectivement m’aider à clarifier mon organisation.
    Amitiés.

    1. Contente que cet article te soit utile Janine. J’ai pensé utile de donner des arguments pour soi-même et pour les autres. Merci pour ton commentaire.

  2. Merci, chère Huguette, pour ce nouveau partage intéressant et tout le travail “en coulisses” qu’il représente. Ces notions me permettent de mettre de mieux cerner et comprendre des comportements de “dispersion “ qui m’handicapent dans mon emploi du temps.
    Gratitude et amitiés!
    Isabelle

  3. Comme je te comprends ma chère Isabelle. On confond parfois souplesse avec dispersion. Merci pour ton partage et bonne suite pour ton recentrage !

    1. Merci Yvan pour ton retour. J’imagine que tu n’es pas directement captif par cette habitude mais peut-être que ces explications t’aideront à éventuellement intervenir dans ton entourage… en toute gentillesse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *