
Vous est-il déjà arrivé de vous lancer dans un projet et de ressentir une peur inattendue alors qu’il devient réalité ?
On parle souvent de la peur d’échouer. Mais qu’en est-il de la peur de réussir ?
Prenons comme exemple mon objectif d’écrire un guide sur le bien-être financier. J’ai réussi à mener à bien ce projet, malgré les embûches. J’ai suivi mon envie de contribuer, d’aider et de transmettre. J’ai osé partager ce qui a du sens pour moi. Je pourrais juste être contente, même fière de ce que j’ai réalisé.
Et pourtant je sens l’ambivalence entre des sentiments de joie et de peur.
La peur de publier un livre
Tout d’abord, publier un ouvrage, que ce soit un roman, un guide ou encore des poèmes, c’est se montrer, accepter d’être vu et entendu, c’est prendre une place, sa place. C’est aussi accepter que tout le monde ne soit pas d’accord, que certains jugent, critiquent, commentent. La peur de publier peut prendre plusieurs visages : la peur d’être exposé, la peur de décevoir, la peur de ne pas pouvoir revenir en arrière.
La peur d’offrir des services
La situation est semblable lorsqu’on offre des soins, des soutiens psychologiques, des cours de langues ou des aides techniques. On se retrouve face à face avec la clientèle et ce sont d’autres peurs qui émergent : la peur de se tromper, de ne pas être à la hauteur, de ne pas être reconnu pour ses compétences, d’être considéré comme « trop cher ».
La peur du succès
Mais quand une affaire commence à marcher, quand un projet aboutit, quand une reconnaissance arrive, d’autres peurs émergent : la peur d’être envahi par trop de sollicitations, de recevoir trop de demandes, de ne pas réussir à gérer une situation qui nous dépasse. Cela veut dire parfois devoir mobiliser une grande partie de son temps pour gérer les demandes, créer de nouveaux produits ou services, payer des voyages que l’on n’avait pas prévu ou encore engager du personnel.
Cela me rappelle Stéphane Hessel lorsqu’il a publié « Indignez-vous ! ». Il avait déjà un certain âge et n’avait pas du tout anticipé l’énorme succès de son ouvrage. Il était sollicité pour des conférences à travers le monde et, à mon souvenir, après quelques mois il dut décider de freiner la course pour retrouver la vie à laquelle il aspirait réellement.
Ainsi donc il faut du courage pour se donner le droit de réussir et se mettre dans la lumière.
Et il faut aussi du courage pour avancer à son propre rythme, selon ses propres valeurs.
Oser être pleinement soi, même quand cela nous rend visible. Est-ce cela la véritable réussite ?
Avez-vous aussi eu parfois peur de trop bien réussir ?
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Bonjour Huguette, et un grand merci pour tes réflexions très bien senties sur la peur du succès. Personnellement, j’ai plutôt connu la peur de l’échec (très repandue). Mais il est très juste de voir la crainte inverse, et il m’est facile de me projeter dans ce sentiment. Je comprends bien ce qui peut t’habiller. Il me paraîtrait intéressant, si tu ne l’as pas déjà fait, de « tordre le cou » à la notion de réussite, si répandue, mais si mal comprise… Bel hiver pour vous deux !
Tu as bien raison avec ton idée de tordre le cou. C’est ce que j’ai essayé de faire aussi en relativisant cette notion et en ramenant la vraie réussite au sentiment d’oser être pleinement soi, quitte à refuser ou à se retirer du jeu.
Merci pour ta précision.