Nos fragilités

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Une belle soirée d’été, sur un balcon face au lac, avec un petit air qui balance le lampion accroché au plafond. Une ambiance qui nous invite aux confidences, aux discussions intimes et profondes.

C’est ainsi que nous en sommes venu.e.s à parler des personnes qui nous touchent par leur différence. Des personnes « souffrant de handicaps », de celles jugées « anormales » ou « dysfonctionnelles », « autistes » ou encore « hypersensibles ». 

Nous étions mal à l’aise avec ces étiquettes. Jusqu’au moment où l’une de nous apporte le mot « fragilité ». Oui, fragilité. Voilà un terme qui nous a plu. Car il nous donnait enfin cette humanité que nous recherchions, il ouvrait nos esprits et nos coeurs, nous renvoyait aussi à nous-mêmes.

Nous sommes tous et toutes fragiles. Nous ne le savons pas toujours. Et nos fragilités ne sont pas toujours visibles, ou comprises, par nous-même ou par notre entourage.

Nos fragilités sont de différentes natures. 

Au niveau physique par exemple lorsque nous ne pouvons pas marcher à la vitesse que nous voudrions ou que nous n’avons pas l’agilité que nous désirons avec nos mains.

Au niveau psychologique lorsque les aléas de la vie nous semblent trop difficiles à vivre, lorsque l’enthousiasme pour le changement ou la nouveauté nous manque.

Au niveau mental, intellectuel lorsque nous n’arrivons pas à comprendre des notions complexes, ou que la mémoire des noms, des visages, nous fait défaut.

Et que dire encore des fragilités relationnelles qui rendent nos ami.e.s insupportables car ils-elles parlent trop ou que nous n’arrivons pas à nous faire entendre.

Toutes ces fragilités sont admises socialement, à condition qu’elles ne soient pas trop visibles, pas trop hors normes. Car alors elles pourraient être perçues comme des handicaps, à exclure, à défaut de les soigner.

Que disons-nous de nos fragilités individuelles ? 

Nous est-il possible de regarder nos ami.e.s, nos collègues, nos parents, frères et sœurs, nos enfants de manière objective et bienveillante ? Nous est-il possible d’accepter leurs fragilités, leurs vulnérabilités, comme des éléments faisant partie de leur personnalité. Ces fragilités qui, parfois, cachent des forces.

Je pense en particulier à l’hypersensibilité. Oui, l’hypersensibilité peut désorienter. Autant celui ou celle qui la vit que celui ou celle qui la subit, la constate. Elle peut donner l’impression d’un décalage. 

Votre ami.e, votre enfant, votre collègue est hypersensible ? 

Sachez alors que vous êtes face à une personne qui peut se sentir vite submergée par un environnement bruyant, trop éclairé, par une foule, ou des interactions allant dans tous les sens. Ses émotions vont être mises à rude épreuve, entraînant une fatigue ou des angoisses. Vous n’en serez pas forcément conscient.e. Et pourtant, si la situation dure, elle peut créer un réel stress permanent menant à un état dépressif.

Mais sachez aussi que vous êtes face à une personne jouissant d’une créativité très vive, fine, qui peut être exceptionnelle dans bien des domaines comme les arts, la musique mais aussi la technologie, la construction, la résolution de problèmes. Ne vous étonnez pas lorsque cette finesse de l’esprit se traduit par une attention très précise face à ce que vous dites. Votre acceptation vous fera voir la force et la profondeur de ses émotions. Vous pourrez découvrir une empathie pouvant enrichir votre relation et forger une belle amitié. 

Accepter nos fragilités : un beau défi

Voilà un beau terrain de développement personnel, un terrain de jeu qui nous pousse à grandir. Car c’est seulement en relevant le défi d’accepter nos fragilités que nous pouvons construire de belles relations, positives et sincères, avec tout notre entourage, quelles que soient les fragilités, les vulnérabilités des uns et des autres.

6 réponses sur “Nos fragilités”

  1. Merci Huguette! Tu es quelqu’un qui sait relier tes dons, tes forces et accueillir tes fragilités. C’est peut-être pour cela que je me sens reliée, à l’aise, au large en ta compagnie.

  2. Merci Huguette de cette réflexion de sociologue, certes, mais surtout de femme, de mère, d’épouse, bref de personne sensible, expérimentée de la vie. Savoir accueillir la fragilité des autres est crucial, savoir accueillir et accepter la sienne, tout autant!

  3. merci Huguette, très joli article, justement, l’hyper sensibilité est la fragilité dont je suis la victime et qui m’isole progressivement… même si cela ne se voit pas, parce qu’apprendre à faire « comme si » a été la base de beaucoup d’années de rejets et de combats intérieurs… Il en demeure une grande tristesse somatisée en emphysème… Merci encore, Huguette, pour l’empathie dont tu fais preuve…
    Isabelle-Zoé.

    1. Merci Isabelle pour ton retour et ta sincérité. Je suis très touchée. Et j’espère que cet article puisse te donner un peu de réconfort car je suis certaine que je ne suis pas seule à avoir un regard emphatique sur celles et ceux qui m’entourent. Mais peut-être que j’ai réussi là à mettre des mots dessus. Bon courage.

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