Etre proche aidant, c’est quoi ?

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L’essentiel en bref : Lorsque nous sommes amené.es à jouer un rôle de proche aidant.e, nous devons veiller à deux choses : 1) ne pas tout prendre sur ses épaules et 2) veiller sur soi-même aussi.

Nous sommes probablement toutes et tous amené.es à jouer, un jour ou l’autre, le rôle de proche aidant dans notre vie.

Plus ou moins intensément
Plus ou moins sérieusement
Plus ou moins longtemps

Lorsque nous soutenons ou accompagnons une personne malade ou ayant des limitations fonctionnelles et/ou mentales, nous sommes un.e proche aidant.e. Nous ne sommes pas un.e professionnel.le, mais nous l’aidons car elle fait partie de notre famille, de notre voisinage ou encore de nos amitiés.

Une lourde tâche

Etre proche aidant peut s’avérer assez complexe car, suivant la situation, nous pouvons être amené.es à remplacer la personne pour une foule de petites et grandes choses qu’elle ne peut pas ou plus faire seule. Et même si nous sommes plusieurs à l’entourer, la charge peut être lourde. 

En général c’est un job qui demande du temps, de l’énergie, de la patience, de la compassion, de l’empathie, de la joie de vivre et du désir d’aider. 

Attention aux risques

En tant que proche aidant.e, nous pouvons être sollicité.e sur le plan physique et matériel, avec une surcharge de travail ou des retombées financières s’il s’agit d’un membre de notre famille. Nous risquons aussi d’être pris.e par des inquiétudes, du stress, de la colère, des frustrations qui peuvent tomber sur notre moral ou sur la qualité de notre relation avec la personne qu’on est en train de soutenir. Et, bien entendu, cette situation peut engendrer des conflits avec la famille ou le travail.

Alors comment faire ?

D’abord : tenter de regarder la situation de manière neutre. Oser dire nos limites. Ne pas hésiter à demander de l’aide. Car il y a toujours des solutions pour se décharger, grâce à des institutions ou par l’entourage. Demander du soutien avant d’être épuisé.e.

Puis : respecter nos ressentis et en parler. Il est normal de se sentir épuisé.e, en colère, frustré.e. En parler avec une personne de confiance est un premier pas essentiel pour arriver à se respecter véritablement.

Prendre soin de soi 

Ce n’est pas de l’égoïsme que de prendre soin de soi et de s’accepter tel.le qu’on est, avec nos forces et nos faiblesses. Par cet article, je voudrais mettre l’accent sur une chose : ne pas s’oublier c’est se respecter. En voulant bien faire, en se sentant responsable du bonheur de l’autre, en pensant être la seule personne pouvant assumer ces tâches, on risque de mettre nos propres besoins sur la liste d’attente.

Il est tentant de se ménager soi-même, de prendre un peu de repos, en annulant le café prévu avec une amie, en renonçant à un spectacle qui nous enchanterait, en ne prenant pas le temps d’une balade en forêt. Bref, en renonçant à toutes ces activités essentielles qui nous paraissent parfois comme non prioritaires.

Je sais que ce n’est pas simple. On peut se sentir coupable de prendre du bon temps, de s’évader, d’aller chanter ou danser. C’est pourtant essentiel si l’on veut garder notre attitude bienveillante, pouvoir se sentir en énergie, cultiver sa bonne santé physique et émotionnelle.

En conclusion

  1. Soyons heureuse et heureux de pouvoir aider notre prochain.
  2. Félicitons-nous et récompensons-nous de temps en temps, car tout travail mérite salaire.
  3. Prenons soin de nous-même en nous inspirant de l’injonction que nous recevons au départ d’un vol en avion : « Sécurisez-vous vous-même avant de vous occuper des personnes que vous accompagnez » ? Une parole de sagesse ? 

N’hésitez pas à partager vos propres réflexions en-dessous de cet article. 
Le partage pour plus de richesse dans les relations. 

Plus d’infos:
Sur le site de l’Association des Proches aidants

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4 réponses sur “Etre proche aidant, c’est quoi ?”

  1. Chère Huguette,

    Merci du fond du cœur pour ce texte si touchant, dans lequel je me suis profondément reconnue.

    Une grande partie de ma vie, ces deux dernières années, a été consacrée à accompagner ma mère pendant sa grave maladie cancéreuse.
    Les six derniers mois ont été particulièrement intenses – son dernier souhait était de pouvoir mourir à la maison, et nous avons pu, en famille et avec du soutien, lui offrir cela.

    Ce chemin a été profondément bouleversant et éprouvant, notamment pour mon père.

    Je suis très reconnaissante d’avoir pu m’appuyer sur les outils issus de mes formations en tant que professeure de yoga et coach de vie spirituelle – pour moi-même, mais aussi pour mes parents.

    La méditation, l’EFT et les huiles essentielles nous ont accompagnés avec douceur, nous ont soutenus et redonné de la force tout au long de ce passage de vie.

    Merci infiniment pour tes mots, qui apportent tant de clarté, de bienveillance et de reconnaissance à un rôle souvent invisible. Se rappeler que prendre soin de soi n’est pas un luxe, mais une nécessité, me semble essentiel.

    Si quelqu’un a des questions ou ressent le besoin d’un accompagnement – pour soi-même ou pour ses proches – je suis là avec tout mon cœur.

    Avec toute ma gratitude et une profonde connexion,

    Christiane

    1. Merci Christiane pour ton beau message. Je suis heureuse que tes formations aient pu si bien aidé toi et ta famille. Je sens que tu as pu y vivre de la sérénité, même si ce n’était pas toujours facile. Je suis certaine que ton témoignage résonnera aussi dans le coeur d’autres lectrices et lecteurs. A tout bientôt.

  2. Message reçu sur mon courriel:
    Chère Huguette
    Merci de ton message. Cette fois, il s’agit d’un sujet qu’on a déjà discuté partiellement à une autre occasion, mais il concerne une phase importante de la vie de chacun.

    A ma famille chaque génération a soutenu les parents quand ils devenaient âgés et fragiles. Quand ma grand-mère avait 86 ans, ses forces diminuaient à cause d’une maladie cancéreuse. Ma mère et sa sœur et aussi leurs belles-soeures et mes cousines la soignaient de manière dévouée, mais nous, les hommes, n’avons pu (par des raisons bien compréhensibles) que des travaux comme aller faire des courses, nettoyer la cuisine, travailler dans le jardin etc. On engageait aussi du personnel externe, mais la partie principale restait aux femmes de la famille. Pour ma mère qui était à ce temps encore active occupée c’était très beaucoup, et elle avait après la mort de sa mère elle-même des problèmes de santé qui restaient. Mon grand-père survécut sa femme de quelques mois, mais il avait déjà 90 ans et il devenait de plus en plus difficile. Moi par exemple je n’étais pas accepté par lui comme personne accompagnatrice à cause de ma barbe qui lui faisait peur ; je me rasais, mais je ne pouvais plus regagner sa confiance.

    Presque trois décennies après la santé de mon père se dégradait, et ma mère le soignait pendant deux ans de manière intensive. Naturellement mon frère et moi nous étions aussi engagés, mais à cause de nos activités professionnelles nous ne pouvions assister notre mère au soignement seulement pendant les heures du soir et les week-ends. Et de nouveau les forces de notre mère diminuaient. Après la mort de notre papa ma mère pouvait d’abord encore faire de petites excursions, mais de plus en plus il lui était impossible de quitter la maison. Et elle souffrait aussi d’une maladie grave. Nous étions soutenus par un service de soignement qui était assez cher, mais ça faisait possible que notre maman pouvait rester à la maison jusqu’à la fin.
    Je te souhaite tout de bon.
    Meilleures salutations
    signé U.

    1. Cher U.,
      Merci pour ce témoignage touchant qui montre bien comment nos aïeux ont souffert dans leur rôle d’aide de la famille. J’entends parfois des gens dire que avant, le monde était plus solidaire entre les générations. Mais comme tu le dis, ce n’était pas forcément agréable.

      C’est pour cela que je suis heureuse de voir comment la société trouve des solutions nouvelles: en ayant différents services de soins à domicile mais aussi en soutenant les proches aidants à s’écouter, à prendre du temps pour eux, à se respecter.

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