Y’a pas de sot métier

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En bref : Les proverbes nous amènent souvent vers des enseignements riches en sagesse, et utiles pour notre bien-être.

«  Il n’y a pas de sot métier…», 

On est parfois tenté d’utiliser ce proverbe. Mais en est-on convaincu ? N’est-ce pas une phrase pour prouver notre désir de voir l’utilité d’un travail ? Indépendamment du manque de prestige et de sa valeur sociale ? 

« …Il n’y a que de sottes gens »,

Que veut-on dire par là ? Sommes-nous parfois les sottes gens qui jugent facilement les autres, alors que derrière les apparences peuvent se cacher de sacrées perles d’humanité ? 

Ou s’agit-il du regard que l’on porte sur le métier qu’on exerce soi-même ? Sommes-nous parfois assez sot pour ne pas être conscient de notre propre valeur, lorsque nos activités professionnelles sont jugées négativement par les autres ? 

Car en réalité, c’est à nous de nous apprécier à notre juste valeur. C’est à nous de décider de notre état d’esprit vis-à-vis de la vie et de nous-même. A personne d’autre. 

Un exemple rare, pas sot du tout

Voici un bel exemple qui illustre à merveille cette liberté que nous avons sur nous-même et sur ce que nous faisons, comme métier en particulier. 

Connaissez-vous Michel Simonet ? Un personnage tellement particulier et inspirant. Il nous a livré son témoignage dans son ouvrage intitulé « La rose et le balai ».

Imaginez un jeune homme qui, diplôme commercial en poche, décide d’étudier la philosophie avant de faire le choix de devenir cantonnier dans sa ville. Liberté de penser et d’agir en-dehors des clichés.

Pendant plus de 30 ans, il a philosophé dans les rues, dès 5 heures du matin, maniant son balai et accompagné d’une rose sur son char. Il parlait volontiers, surprenait souvent par ses propos, jusqu’à ce qu’il se révèle complètement en écrivant son quotidien. A la question de savoir pourquoi il écrivait un livre, sa réponse fut « Ecrire pour témoigner d’un métier inconnu, enclin aux stéréotypes ».

En réalité, lorsqu’on lit son ouvrage, on découvre toute la richesse de sa culture, qu’il ne se contentait pas de citer mais qu’il vivait à travers cette profession peu ordinaire. Car il se réfère volontiers à Rabelais ou Montaigne, par exemple. Et il se plait à se comparer au Duc de Bourgogne Hugues Le Pacifique !

Philosophe doté d’une belle écriture, poète à la finesse du langage et des jeux de mots, c’est aussi un fameux humoriste. Voyez donc les étiquettes qu’il s’amuse à coller à son métier :

« Balayeur de rue, ou cantonnier, opérateur écologique, homme de ménage en plein air, concierge de quartier, hygiéniste du trottoir, péripatéticien du char, pommeau d’un boulot de prolo, nettoyeur à l’aise-Blaise du balai balèze, propreur, déchétarien ordurier, mégoïste philanthrope. Et, pour finir, le valorisant « technicien de surface ».

Comme il le dit avec humour : ce sont tous des termes possibles pour qualifier un métier si peu convoité et parfois dénigré.

En conclusion : Il ne tient qu’à nous de porter un regard bienveillant et valorisant sur nous-même. A chacune et chacun de choisir d’être heureuse et heureux de ce que nous apportons et ce que nous recevons par nos activités. 

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5 réponses sur “Y’a pas de sot métier”

  1. À l’heure où ns remplissons notre déclaration d’imposition, quelle heureuse suggestion de nous rappeler qu’estimer la valeur de son travail ne se fait pas qu’avec un bilan financier annuel. Le classement habituel s’établit certainement trop souvent selon cette échelle implacable: combien a-t-on gagné? est-ce que mon investissement est suffisamment reconnu à travers ce seul prisme de lecture? Merci de nous inviter à prendre une autre lunette que celle du gain pour mesurer la valeur de notre travail, chère Huguette

  2. Message reçu par courriel de Ueli:
    A Soleure je connaissais aux années septante et quatre-vingt une femme qui devait gagner la vie pour son mari et elle-même. Son mari avait eu un accident, il ne pouvait plus travailler et il n’y avait pas d’assurance qui payait. C’est pourquoi elle devait faire des travaux mal payés. La situation devenait encore pire depuis le déclenchement de la récession à 1974. Je voyais cette femme nettoyer des toilettes. Mais exactement ça m’imposait du respect : Elle n’hésitait pas à faire ce travail.

  3. Merci pour ce texte très inspirant. J’y vois aussi le rappel que notre contribution est possible par n’importe quel moyen et que ce qui compte ce n’est pas ce qu’on fait…mais qui nous choisissons d’être pendant que nous le faisons

    1. Exactement chère Edith, c’est vraiment une question d’état d’esprit et de rayonnement. Et je trouve que l’exemple de ce Michel est tellement motivant. Merci pour ton commentaire.

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