Faut-il payer les bonnes notes ?

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En bref : Motiver les enfants avec de l’argent pour qu’ils obtiennent de bonnes notes peut être contreproductif.

Face à des enfants qui ne réussissent pas aussi bien que souhaité, certains parents utilisent l’astuce de l’argent. Mais est-ce une bonne idée ?

C’est vrai que l’école récompense les performances des élèves avec des notes ou des certificats. 

C’est vrai aussi que l’école prépare au monde adulte qui attribuera des salaires en fonction du travail effectué. 

Mais est-ce une bonne idée d’imiter ce modèle d’évaluation scolaire au sein de la famille ? 

Qu’en est-il de l’effort et du courage ?

Ne serait-il pas plus juste d’évaluer un résultat personnel selon le degré de difficulté surmonté par l’élève ?

Avez-vous déjà côtoyé un enfant qui avait bossé comme un fou pour comprendre et faire de son mieux et s’était vu noté très bas ? A l’inverse, avez-vous aussi une expérience avec un élève qui, avec très peu d’efforts, s’en sortait avec une très bonne note ?

Le « mauvais élève » se sent misérable alors que le « bon élève » est tout enorgueilli.

Avez-vous déjà vécu ce dilemme ? 

Avez-vous aussi constaté comment ces pressions de performance créent du stress, parfois dépriment ou mènent au burnout ? 

Certains parents cherchent à motiver leur enfant, ou leur ado, en récompensant ses résultats scolaires par de l’argent. L’enfant qui obtient une bonne note est doublement gagnant : une évaluation positive, plus de l’argent. A contrario celui qui n’a pas cette chance est doublement perdant. 

Alors plutôt que de renforcer le système scolaire au sein de la famille, ne serait-il pas préférable de motiver les enfants en discutant avec eux de leurs difficultés, en suivant leurs efforts, en les encourageant. L’argent n’est pas nécessaire. Par contre, la reconnaissance est un formidable outil pour construire l’estime de soi et la confiance en soi.

Qu’en pensez-vous ? 

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8 réponses sur “Faut-il payer les bonnes notes ?”

  1. Absolument d’accord !
    La compétitivité est le reflet de notre société verticale et triangulaire.
    Tout en haut au pouvoir peu de personnes, puissantes et aisées, et plus on descend, plus le nombre de personnes augmente et moins ils sont … vernis. Je ne pense pas que l’école soit sur ce schéma exactement, mais elle prépare nos enfants à être dans le moule de notre société.
    Payer les enfants pour de bonnes notes renforce ce modèle sociétal et enfonce le clou des différences comme tu le décris dans ton article.
    Je rêve d’une société horizontale et équitable, et motiver nos enfants avec de belles valeurs les responsabilisent, leur donne confiance même s’ils ne sont pas brillants. L’amour et la bienveillance sont bien supérieurs à de l’argent.
    Belle journée et merci pour ton texte intéressant 🙏

    1. Tu as raison Christiane, l’école n’est pas un copié-collé du monde du travail mais elle y prépare fortement avec ses horaires, ses notes, sa hiérarchie… Moi aussi je rêve de horizon, d’équité, de bienveillance, de responsabilisation, et d’amour. Merci pour ton riche commentaire.

  2. Moi qui n’ai pas d’enfants je n’ai pas d’expérience en ce qui concerne la motivation des enfants avec de l’argent. Mais comme ex-maître d’école je sais que des enfants qui sont encore un peu jeunes ne sont pas toujours très motivés. Pour de telles enfants une petite récompense financière peut avoir du sens.

    Les pédagogues font la différenciation entre la motivation intrinsèque (l’élève s’intéresse pour le sujet) et la motivation extrinsèque (l’élève s’intéresse pour une paye, pour un compliment, peut-être déjà pour une carrière, mais pas tellement pour le sujet). Des élèves en dernière année de gymnase/lycée ont parfois une motivation intrinsèque, mais à l’école primaire ce n’est normalement pas le cas. C’est pourquoi une paye modeste peut être utile.

    Mais il faut être prudent. Comme enfant de huit ans je recevais (à l’année 1962) de mes parents 30 centimes pour une note maximale, mon collègue 1 franc. (Son père était très riche.) De telles différences peuvent déclencher une folle envie.

  3. Merci beaucoup pour cet article ma chère Huguette.

    J’apprécie le thème et les questionnements que tu soulèves et j’ai l’élan de te partager mon avis d’experte de l’aide à l’apprentissage .

    Comme tu le soulèves dans ton article, il y a un réel enjeu autour de l’attachement à la performance.

    Récompenser la « bonne note », que ce soit par des avantages financiers ou autres, revient à envoyer le message implicite à l’enfant « tu mérites seulement si tu réussis ». De plus, comme Urs le dit si bien dans son commentaire, cela crée l’effet de motivation extrinsèque, c’est à dire que l’enfant se mobilise uniquement s’il obtient quelque-chose.

    La posture que je suggère aux parents des enfants que j’accompagne est la suivante :
    – Une note sert à évaluer ce qui a été assimilé et ce qui doit encore l’être. C’est un point de repère durant un process d’apprentissage dont le rythme et l’évolution est propre à chaque élève. J’invite donc à ne plus parler de « bonne » ou « mauvaise » note. Dialoguer avec l’enfant, lui permettre de s’auto-évaluer avec des questions ouvertes et accepter son point de vue. (Il sera peut-être très satisfait d’un 4 alors que maman et papa aurait préféré un 5…)
    – Constater, nommer et féliciter chaque progrès, même s’il paraît infiniment petit. Permettre à l’enfant de se sentir fier d’avoir donné le meilleur de lui-même, indépendamment du résultat obtenu (passer de 2 à 3,5 est un progrès)
    – Accompagner l’enfant à trouver sa motivation intrinsèque. Il peut ne pas aimer la matière, ne pas s’intéresser au sujet mais quand même trouver le plaisir et la fierté d’apprendre 2 mots supplémentaires, de s’améliorer par rapport à lui-même, etc. Et parfois, il ne la trouvera pas. On accueille et on accepte sans juger.
    – La récompense peut avoir lieu sous forme de célébration. On ne célèbre pas le résultat mais la joie et la fierté de l’enfant

    Au plaisir de lire ton prochain article
    Douce soirée

    1. Merci Edith pour tes réflexions et surtout ton partage sur ta pratique. Ce sont des conseils très judicieux et qui devraient aider tous les parents, pour l’école et pour la vie.

  4. Ah! L’apprentissage de la comptabilité scolaire. Un des buts principaux de la scolarité. Bisous. Alan.

    1. Un terme qui t’est cher, mon ami, la comptabilité scolaire. Mais que penses-tu de l’idée de la monnayer ?

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